Otoplastie

CHIRURGIE DES OREILLES DECOLLEES

 

 DEFINITION

 

Les oreilles décollées ou oreilles en “chou fleur” constituent une malformation mineure et fréquente qui associe à des degrés divers:

  • Taille excessive du cartilage de la conque projetant l’oreille vers l’avant, ce qui accentue l’aspect décollé (hypertrophie de la conque).
  • Un défaut de plicature des reliefs habituels du cartilage qui fait que le pavillon de l’oreille a un aspect trop lisse, comme “déplissé” (défaut de plicature de l’anthélix).

Ces défauts sont souvent asymetriques.

OBJECTIFS

L’intervention chirurgicale  appelée « otoplastie » a pour but de remodeler les pavillons jugés excessivement visibles afin  de « recoller » les oreilles. 
L’opération est habituellement réalisée sur les deux oreilles, mais peut parfois être unilatérale.

PRINCIPES

Une otoplastie se propose de corriger les anomalies du cartilage présentes au niveau du pavillon de l’oreille et responsables de son aspect “décollé”.:

L’intervention vise à corriger définitivement le défaut de plicature de l’anthelix et l’hypertrophie de la conque en remodelant le cartilage, de façon à obtenir des oreilles “recollées”, symétriques, de taille et d’aspect naturels, permettant ainsi de mettre fin aux moqueries et autres remarques désobligeantes susceptibles d’être à l’origine de difficultés psychologiques ou de conflits scolaires.

Une otoplastie peut être réalisée  à tout âge à partir de 7 ans, époque à laquelle les oreilles ont atteint leur taille définitive et où les enfants peuvent commencer à souffrir psychologiquement.

• AVANT L’INTERVENTION

Un examen attentif des oreilles aura été réalisé par le chirurgien afin d’analyser les modifications à apporter.
 Un bilan pré-opératoire habituel est prescrit par le chirurgien, il comprend au minimum une numération formule sanguine et une analyse de l’hémostase.

Un bandeau de contention  est également prescrit, il devra être acheté avant l’intervention et impérativement être apporté le jour de l’hospitalisation.

Le médecin anesthésiste sera vu en consultation au plus tard 48 heures avant l’intervention, avec les résultats du bilan préalablement prescrit.

L’arrêt du tabac est vivement recommandé, au moins un mois avant et un mois après l’intervention (le tabac peut être à l’origine d’un retard de cicatrisation).

Aucun médicament contenant de l’aspirine ne devra être pris dans les 10 jours précédant l’intervention.

La tête et les cheveux seront soigneusement lavés la veille de l’opération.

TYPE D’ANESTHÉSIE ET MODALITÉS D’HOSPITALISATION

Type d’anesthésie : Il s’agit soit d’une anesthésie générale, durant laquelle vous dormez complètement  ou d’une anesthésie locale approfondie par des tranquillisants administrés par voie intra-veineuse (anesthésie “vigile”).

En fonction du type d’anesthésie, il faudra être à jeun (ne rien manger ni boire) 6 heures avant l’intervention.

Modalités d’hospitalisation : Habituellement l’intervention se pratique en “ambulatoire”, c’est-à-dire en hospitalisation de jour, avec une sortie autorisée le jour même après quelques heures de surveillance. Toutefois, dans certains cas, une courte hospitalisation peut être préférée. L’entrée s’effectue alors le matin (ou parfois la veille dans l’après-midi) et la sortie est habituellement autorisée dès le lendemain.

L’INTERVENTION

Les incisions cutanées sont situées près du sillon retro-auriculaire (pli naturel situé derrière l’oreille). 
Le principe  du remodelage cartilagineux est de recréer ou d’améliorer les reliefs naturels par affinement et plicatures, éventuellement maintenus par de fines sutures profondes. L’intervention dure entre une heure et une heure et demi.Les sutures sont habituellement réalisées au fil résorbable, sinon ils devront être retirés au dixième jour. Le pansement est refait au premier jour post-opératoire. Des soins locaux quotidiens sont à effectuer par le patient ainsi que le port d’un bandeau contenseur pendant une quinzaine de jours.

APRÈS L’INTERVENTION : LES SUITES OPÉRATOIRES

Les suites opératoires sont en général peu douloureuses, ne nécessitant que des antalgiques simples.

Dans le cas contraire, une consultation du chirurgien ou de son équipe s’impose.

Un gonflement (œdème) et des ecchymoses (bleus) des oreilles sont fréquemment observés.

Cet aspect éventuel ne doit pas inquiéter : il n’est que transitoire et ne compromet absolument pas le résultat final.

Le pansement est refait au premier jour post-opératoire. Des soins locaux quotidiens sont à effectuer par le patient ainsi que le port d’un bandeau contenseur pendant une quinzaine de jours jour et nuit puis uniquement la nuit pendant deux semaines. Durant cette période, les activités physiques ou sportives avec risque de contact devront être évitées.

Les fils de suture, s’ils ne sont pas résorbables, sont retirés vers le dixième  jour après l’intervention.

LE RÉSULTAT

Un délai de un à deux mois est nécessaire pour apprécier le résultat final. C’est le temps nécessaire pour que les tissus se soient assouplis et que la totalité de l’œdème se soit résorbé, laissant apparaître nettement les reliefs de l’oreille. Passé ce délai, seules les cicatrices seront encore un peu rosées et indurées avant de s’estomper.

Dans la grande majorité des cas, les résultats sont définitifs. Toutefois, une récidive du décollement (en principe partielle) peut éventuellement survenir à moyen terme, pouvant alors nécessiter une petite réintervention.

Le but de cette chirurgie est d’apporter une amélioration et non pas d’atteindre la perfection. Si vos souhaits sont réalistes, le résultat obtenu devrait vous donner une grande satisfaction.

LES IMPERFECTIONS DE RESULTAT

On peut parfois observer une légère asymétrie entre les deux oreilles, de petites irrégularités de reliefs ou une plicature un peu trop saillante, un rétrécissement de l’orifice du conduit auditif, ou encore une perception des fils profonds.

Ces petits défauts, quand ils existent, sont habituellement discrets et n’attirent pas le regard. Pour autant, le cas échéant, ils sont toujours accessibles à une petite “retouche” qui se fera la plupart du temps sous simple anesthésie locale.

LES COMPLICATIONS ENVISAGEABLES

Une otoplastie, bien que réalisée pour des motivations en partie esthétique, n’en reste pas moins une véritable intervention chirurgicale, ce qui implique les risques liés à tout acte médical, aussi minime soit-il.

Il faut distinguer les complications liées à l’anesthésie de celles liées au geste chirurgical.

En ce qui concerne l’anesthésie, lors de la consultation, le médecin anesthésiste informera lui-même la patiente des risques anesthésiques. Il faut savoir que l’anesthésie induit dans l’organisme des réactions parfois imprévisibles, et plus ou moins faciles à maîtriser : le fait d’avoir recours à un Anesthésiste parfaitement compétent, exerçant dans un contexte réellement chirurgical fait que les risques encourus sont devenus statistiquement très faibles.

Il faut savoir, en effet, que les techniques, les produits anesthésiques et les méthodes de surveillance ont fait d’immenses progrès ces trente dernières années, offrant une sécurité optimale, surtout quand l’intervention est réalisée en dehors de l’urgence et chez une personne en bonne santé.

En ce qui concerne le geste chirurgical : en choisissant un Chirurgien Plasticien qualifié et compétent, formé à ce type d’intervention, vous limitez au maximum ces risques, sans toutefois les supprimer complètement.

Heureusement, les vraies complications sont rares à la suite d’une otoplastie réalisée dans les règles. En pratique, l’immense majorité des interventions se passe sans aucun problème et les patients sont pleinement satisfaits de leur résultat.

Pour autant, et malgré leur rareté, vous devez quand même connaître les complications possibles :

Saignement post-opératoire : s’il est plus important 
qu’une simple tache de sang sur le pansement (qui n’a rien d’inquiétant), cela peut justifie une réintervention pour stopper le saignement à son origine.
Le sang peut aussi ne pas s’extérioriser et donner lieu à un hématome qu’il est souvent préférable d’évacuer.

Nécrose cutanée : exceptionnelle, elle survient parfois du fait de trouble de la circulation sur la peau très fine de la face antérieure du pavillon, en regard d’un relief cartilagineux. La cicatrisation intervient en règle grâce à des pansements locaux en laissant une petite plage cicatricielle.

Cicatrices anormales : malgré toute l’attention portée à la réalisation des sutures, les cicatrices situées en arrière du pavillon de l’oreille peuvent être le siège d’une inflammation et d’une hypertrophie gênante, voire d’une évolution “chéloïdienne” (pérennisation de l’hypertrophie cicatricielle) dont le traitement reste difficile.

Ainsi, dans la très grande majorité des cas, cette intervention, bien étudiée au préalable et correctement réalisée, donne un résultat très appréciable en termes de confort.

Au total, il ne faut pas surévaluer les risques mais simplement prendre conscience qu’une intervention chirurgicale, même apparemment simple, comporte toujours une petite part d’aléas.

Le recours à un Chirurgien Plasticien qualifié vous assure que celui-ci a la formation et la compétence requises pour savoir éviter ces complications, ou les traiter efficacement le cas échéant.

 

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